Cette période de l’année est riche en commémorations concernant les victoires des Alliés sur les forces de l’Axe en 1945. À ce titre, la bataille de Berlin, qui s’étend du 16 avril au 2 mai 1945, est une étape décisive pour la fin de la guerre en Europe, tant elle constitue la dernière bataille terrestre sur ledit continent. Alors que l’Allemagne perd sur tous les fronts, Adolf Hitler refuse toute idée de capitulation et exhorte ses soldats à se battre jusqu’à la fin.
Depuis 1943, les forces de l’Axe reculent progressivement. Le débarquement allié de Sicile en 1943 contraint l’Italie à capituler le 8 septembre 1943. Le débarquement des Américains du 6 juin 1944 en Normandie et celui de Provence le 15 août 1944, ce dernier notamment constitué de goumiers, permettent aux Alliés de progresser significativement sur le vieux continent. Parties du sud de l’Angleterre, les troupes alliées, composées d’Américains, de Britanniques, de Canadiens et de Français, débarquent sur les cinq plages, Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword. Le débarquement est nommé le « D-Day », l’« Opération Neptune » ou l’« Opération Overlord » si l’on prend en considération la libération totale de la Normandie entre juin et août 1944. La France participe au débarquement sur la plage de Sword avec le 1er bataillon de fusiliers marins avec à sa tête l’officier Philippe Kieffer, surnommé le « pacha ».
Les plages de Normandie sont, entre autres, choisies car les fortifications de l’Atlantique entreprises par les Allemands, lesquels attendent un débarquement sur les plages du Nord, y sont inachevées. Il faut garder en mémoire que le débarquement de Normandie est la plus grande opération militaire amphibie jamais organisée avec plus de 10 000 avions et 170 000 hommes déployés.
À l’Est, l’Allemagne subit un revers majeur avec l’opération « Bagration », nommée en l’honneur du général russe qui avait battu Napoléon en 1812, et menée par l’Union des républiques socialistes soviétiques du 22 juin au 19 août 1944. L’URSS mobilise une ligne de front s’étendant sur mille kilomètres, en avançant de six cents kilomètres en deux mois.
Avant de pénétrer dans Berlin, les Soviétiques affrontent les Allemands lors de la bataille de Seelow. En dépit d’un grand nombre de morts, estimé à près de 30 000, les Russes parviennent à faire sauter le verrou bloquant la route en direction de la capitale. Une fois dans Berlin à la mi-avril, les Soviétiques découvrent une ville détruite. Ils avancent, coûte que coûte, en passant même par le métro et par les égouts, tandis que les défenses anti-aériennes allemandes s’ingénient à défendre le Bunker du Führer situé au cœur de la ville.
Pendant que les détonations résonnent et que le Reich tente de prolonger ses chances de survie, les Alliés, depuis la conférence de Yalta, ont décidé du sort de l’Allemagne après la victoire. Tenue en Crimée du 4 au 11 février 1945, la conférence de Yalta a permis de réunir Franklin D. Roosevelt, Joseph Staline et Winston Churchill. Au cours de cette réunion, les principaux dirigeants alliés planifient l’offensive finale contre l’Allemagne, la division du grand pays germanique en quatre zones, l’établissement des principes pour la démilitarisation et la dénazification. L’URSS, quant à elle, reconnaît désormais le Japon comme ennemi et s’engage à envahir la Mandchourie. Le président américain finalise, en sus, le projet de création de l’ONU. En somme, la conférence de Yalta représente un tournant central dans la constitution du monde d’après-guerre. Or, la coalition de ces forces n’empêchera pas Churchill d’envisager un retournement allié contre la Russie sous le nom de code « Operation Unthinkable » ou l’ « Opération impensable » en français, prenant en compte les enseignements de « Barbarossa », planifiée pour le 1er juillet 1945.
Le 26 avril 1945, les derniers assauts ont lieu à Berlin. Constatant l’inexorable progression des Alliés, Adolf Hitler et Eva Braun décident de se marier le 29 avril 1945 dans le Führerbunker. Walter Wagner, un avocat allemand, marie les deux individus dans la nuit aux côtés de Joseph Goebbels et de Martin Bormann.
Le 30 avril, les troupes soviétiques atteignent le Reichstag. Les sergents Mikhaïl Yegorov et Meliton Kantaria, à 22h50, finissent par planter le drapeau rouge au sommet du Parlement allemand ; un symbole de triomphe de l’URSS face à l’Allemagne nazie.
Le même jour, Adolf Hitler et Eva Braun se suicident. L’un d’une balle dans la tête, l’autre d’une capsule de cyanure. Conformément aux demandes d’Hitler, les derniers fidèles brûlent les corps du Führer et de sa femme afin d’éviter de finir ignominieusement comme Benito Mussolini et sa maîtresse, Clara Petacci, deux jours auparavant. Avant de mourir, Hitler, par manque de confiance envers Hermann Göring et Heinrich Himmler, choisit le grand-amiral (Großadmiral) allemand, Karl Dönitz, pour Président du Reich, et Joseph Goebbels, chef de la propagande, pour Chancelier du Reich.
La ville de Berlin tombe le 2 mai 1945. Les Alliés, alors au cœur de l’Allemagne, entraînent sa capitulation. Le premier acte de capitulation est signé par le général Alfred Jodl, représentant du nouveau président Karl Dönitz, à Reims le 7 mai à 2h41, et entre en vigueur le lendemain, le 8 mai. Le second acte est signé par le général Wilhelm Keitel à Berlin le 8 mai à 22h43, heure de Berlin, soit le 9 mai à 0h43 de Moscou et entre en vigueur le lendemain. La Seconde Guerre mondiale s’achève officiellement en Europe.
Quelques jours auparavant, le 1er mai, Magda Goebbels décide de tuer ses six enfants, tous ayant un prénom commençant pour la lettre « H » pour « Hitler », sur l’ordre de son mari, Joseph. Les époux infanticides décident de mettre fin à leurs jours tant ils estimaient qu’une vie sans le national-socialisme serait impossible. Le chef de la propagande nazie confie une capsule de cyanure à Magda qui l’avale, puis lui tire dessus. À son tour, le Reichskanzler se suicide d’une balle dans la tête.
Valentin Machut
